Numéro du mois de juillet : 1923
démocratie des propriétaires
En Allemagne, le taux d'accession à la propriété avoisine les 50 % (entre 45 et 51 % selon les sources). Il s'agit du deuxième taux le plus bas parmi les pays de l'OCDE. Pourtant, d'après une étude sur le logement réalisée par l'organisme de crédit immobilier Interhyp, deux tiers des locataires souhaiteraient être propriétaires de leur logement. La situation est différente en Grande-Bretagne, où s'est développé le concept de « démocratie de propriétaires », forgé en 1923. L'Allemagne ne devrait-elle pas s'en inspirer ?
En 1923, l'homme politique britannique Noel Skelton forgea l'expression « démocratie de propriétaires ». Il considérait l'appauvrissement d'une grande partie de la population, causé par l'industrialisation, comme une menace pour la démocratie. Sa proposition allait au-delà de la simple incitation des travailleurs à la propriété foncière et immobilière. Il envisageait une société composée de nombreux petits propriétaires fonciers ou immobiliers. Pour lui, la véritable participation démocratique des masses ne pouvait être atteinte que dans une telle société.
Bien que cette vision ait été plus ou moins oubliée par la suite, la promotion de l'accession à la propriété a toujours fait partie intégrante du programme des conservateurs britanniques. Le taux d'accession à la propriété en Grande-Bretagne a progressé régulièrement depuis lors. De 22 % en 1920, il est passé à 70 % en 2002. Malgré un léger recul dû à la crise financière, ce taux se maintient à 62 % (2020). L'Allemagne aurait peut-être intérêt à s'inspirer de ce concept de démocratie de l'accession à la propriété.
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